75 % des parents français préféreraient que leur enfant étudie à l’étranger

world2Le Figaro, M-E Pech, 2 sept. 2015.

Les parents sont prêts à d’importants sacrifices financiers pour que leur enfant étudie à l’étranger. 41 % seraient prêts à y consacrer 300 à 500 euros par mois, selon un sondage Opinion Way.

Harvard, Oxford, Cambridge: pour les parents qui rêvent du meilleur pour leurs enfants étudiants, l’excellence se situe surtout à l’étranger. Seuls 7 % ne voient pas d’avantages pour leur enfant à partir de France et 75 % préféreraient que leur progéniture étudie dans une université à l’étranger plutôt qu’en France, même si cela est plus cher. Et ils sont prêts à d’importants sacrifices financiers. Telles sont les conclusions d’un sondage OpinionWay réalisé cet été auprès d’un échantillon de 1306 personnes, et commandé par TransferWise, une plateforme de transfert d’argent.

Pour 64 % des parents, un tel séjour permettra d’améliorer les compétences linguistiques de leur enfant et 57 % estiment que des études à l’étranger vont accroître ses opportunités de carrière. 77 % des parents craignent en effet que leur enfant ne trouve pas d’emploi s’il ne maîtrise pas une deuxième langue… Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie sont les pays qui font le plus rêver les parents comme les étudiants. Viennent ensuite la Suède, l’Allemagne ou l’Espagne.

Plus idéalistes, les étudiants interrogés espèrent surtout «élargir et construire leur propre vision du monde», évoquent «le plaisir du voyage et de la découverte» pour 19 % d’entre eux et 23 % ne négligent pas l’espoir de «se faire de nouveaux amis», voire, pour 5 %, de «rencontrer l’âme sœur». Peut-être un effet persistant du film L’auberge espagnole et des atermoiements amoureux de son héros, étudiant à Barcelone.PHO4164434c-50c0-11e5-93f2-0458830c91c3-805x453

Concrètement, 31 % des parents sont prêts «à payer pour tous les frais» de leur enfant quand 30 % payeront pour les seuls frais de scolarité, 16 % comptent sur une bourse. Les étudiants, eux, se font moins d’illusions sur les capacités financières de leurs parents. Près de la moitié pensent qu’ils vont devoir travailler à mi-temps pur financer leurs études.

C’est lorsqu’on entre dans le détail des finances que les choses se corsent. A la question «quelle somme d’argent seriez-vous prêt à allouer par mois à votre enfant pour ses frais quotidiens, s’il étudiait à l’étranger?», les parents semblent sous-estimer les frais souvent très élevés que nécessitent des études à l’étranger. Si 11 % accepteraient de donner de 900 à plus de 1000 euros par mois, et 19 % de 600 à 800 euros, 41 % donneraient de 300 à 500 euros et 25 % seulement de 100 à 200 euros.

De fait, les parents enthousiastes à l’idée d’envoyer leurs rejetons à l’étranger n’ont pas l’air de mesurer le coût de ces études souvent très onéreuses comparativement à la France, pays où l’université est l’une des plus abordables. Une étude, réalisée en août 2013 par HSBC, chiffrait à plus de 27.000 euros le coût moyen d’une année d’études aux États-Unis pour un étudiant étranger, frais de scolarité et vie quotidienne compris. Au Royaume-Uni, il faut compter entre 3000 et 4000 euros de frais de scolarité pour une année de licence, et jusqu’à 10.000 euros pour une année de master.

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